Oamaïa

Accueil › Actualité et tendance

Les PFAS : ces « polluants éternels » qui nous entourent

Ils se cachent dans nos poêles, nos vêtements, nos emballages… et jusque dans l'eau du robinet. Les PFAS sont utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméables et résistantes à la chaleur. Problème : ils persistent dans l'environnement comme dans notre organisme, au point d'être surnommés « polluants éternels » et de devenir un véritable enjeu de santé publique. Voici ce qu'il faut savoir, ce que la loi change, et les gestes pour limiter ton exposition.

Qu'est-ce que les PFAS ?

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) forment une famille de plusieurs milliers de composés synthétiques, construits autour d'une chaîne d'atomes de carbone et de fluor. Le téflon de nos poêles, le PTFE, en fait partie.

C'est justement leur grande stabilité chimique qui pose problème : quasi indestructibles, ils ne se dégradent pas dans la nature et s'accumulent dans les organismes vivants. On dit qu'ils sont bioaccumulables.

Où trouve-t-on les PFAS ?

Les PFAS sont partout, ou presque. Voici les principales sources d'exposition :

SourceExemplesExposition
AlimentationProduits de la mer, œufs, viandeIngestion
CuisinePoêles antiadhésives, certains emballagesCuisson, contact
TextilesVêtements imperméables, tapis, chaussuresPeau, poussières
Eau potableEau du robinetIngestion
Air et poussièreAir intérieur, poussièresInhalation
IndustrieMousses anti-incendie, revêtementsProfessionnelle
Les principales sources d'exposition aux PFAS

Contrairement à ce qu'on imagine, l'alimentation est la première voie d'exposition : les PFAS remontent la chaîne alimentaire, et ce sont les produits de la mer, les œufs et la viande qui en apportent le plus.

Les sites industriels qui produisent ou utilisent des PFAS contribuent aussi à la pollution des sols et de l'eau, ce qui a conduit la France à lancer un plan d'action interministériel en avril 2024 : cartographie des sites pollués et contrôles renforcés.

Quels sont les dangers pour la santé ?

Parce qu'ils s'accumulent tout au long de la vie, les PFAS inquiètent les autorités sanitaires. Les études les associent à plusieurs effets :

  • Cancers : depuis fin 2023, le PFOA est classé cancérogène pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer, et le PFOS cancérogène possible.
  • Hausse du cholestérol.
  • Effets sur la fertilité et le développement du fœtus.
  • Atteintes du foie et des reins.
  • Perturbations suspectées de la thyroïde et du système immunitaire, avec par exemple une moins bonne réponse aux vaccins.

Réglementation : ce qui change en France et en Europe

En France

  • Loi du 27 février 2025 : depuis le 1er janvier 2026, la fabrication et la vente de cosmétiques, farts de ski, vêtements, chaussures et produits imperméabilisants contenant des PFAS sont interdites. Les produits fabriqués avant cette date peuvent encore être vendus jusqu'à fin 2026.
  • Tous les textiles en 2030 : l'interdiction s'étendra à l'ensemble des textiles, à l'exception des textiles techniques industriels et de certains équipements de protection.
  • Les poêles ne sont pas concernées : les ustensiles de cuisine ont été retirés de la loi pendant les débats. C'est donc à toi de choisir.
  • Pollueur-payeur : depuis le 1er septembre 2026, les industriels qui rejettent plus de 100 g de PFAS par an dans l'eau paient une redevance de 100 € par tranche de 100 g. Ceux qui en rejettent au moins 2 kg par an doivent surveiller eux-mêmes leurs rejets.
  • Eau potable : depuis le 1er janvier 2026, 20 PFAS font partie du contrôle sanitaire de routine de l'eau du robinet, et leur somme ne doit pas dépasser 0,1 µg/L. Deux autres, dont le TFA, seront surveillés à partir de 2027.

En Europe

  • Emballages alimentaires : depuis le 12 août 2026, les emballages en contact avec les aliments qui contiennent des PFAS au-delà de seuils très bas sont interdits dans toute l'Union européenne.
  • Une restriction de toute la famille est en cours d'examen par l'Agence européenne des produits chimiques. Elle n'est pas encore adoptée, et ses premières interdictions ne devraient pas s'appliquer avant 2029.

Les alternatives aux PFAS

Ustensiles de cuisine

Inox, fonte ou acier : ces matériaux sont durables, sans revêtement fluoré et compatibles avec tous les modes de cuisson. Ils demandent juste un petit temps d'adaptation : préchauffe bien la poêle avant d'y mettre la matière grasse, et les aliments n'accrocheront plus.

Si tu gardes tes poêles antiadhésives, ne les chauffe jamais à vide ni à feu très vif, utilise une spatule en bois et remplace-les dès que le revêtement est rayé ou qu'il s'écaille.

Textiles

Depuis 2026, les vêtements et chaussures neufs vendus en France ne doivent plus contenir de PFAS. Pour les vestes de pluie, les alternatives sans fluor existent depuis longtemps. Côté labels, Bluesign et GOTS sont de bons repères. D'autres idées dans notre sélection de marques éthiques de vêtements.

Emballages alimentaires

Les emballages gras (boîtes à pizza, sachets de frites, papier de fast-food) étaient souvent traités aux PFAS : ils sont désormais encadrés par l'Europe. Pour réduire les emballages à la source, les réflexes du zéro déchet sont de précieux alliés.

Les gestes au quotidien pour limiter ton exposition

  • Aérer ton logement chaque jour et dépoussiérer régulièrement avec un chiffon humide, pourquoi pas avec des produits ménagers maison : les PFAS se fixent sur les poussières.
  • Varier ton alimentation et privilégier les aliments frais et peu transformés, idéalement locaux.
  • Remplacer les poêles et casseroles antiadhésives abîmées, et ne pas réchauffer d'aliments dans des barquettes en plastique ou en carton au micro-ondes.
  • Éviter les imperméabilisants en spray pour chaussures et textiles anciens, qui en contenaient souvent.
Les carafes filtrantes retiennent-elles les PFAS ?

Pas de façon fiable : leur efficacité varie beaucoup selon les modèles et l'entretien du filtre. Si ton eau dépasse les seuils, suis d'abord les consignes de ton ARS et de ta mairie, qui sont tenues de t'informer.

Faut-il jeter ses vêtements imperméables achetés avant 2026 ?

Non : les jeter ne ferait que déplacer le problème vers les déchets. Garde-les le plus longtemps possible, lave-les sans excès et évite de les réimperméabiliser avec un spray qui contiendrait des PFAS.

Conclusion

Les réglementations progressent, en France comme en Europe, mais la persistance des PFAS impose de rester vigilants. Les alternatives existent et chaque geste compte : choisir ses ustensiles et ses vêtements avec soin, c'est aussi envoyer un signal aux marques. Consommateurs et fabricants ont chacun un rôle à jouer pour tourner la page des polluants éternels.

#santé #réglementation #eau #mode éthique

À lire aussi